Identification des modalisateurs épistémiques : saisir l’expression de la certitude et de l’incertitude à partir d'un discours oral

  • Jessica Rioux-Turcotte Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé

Lorsqu’un locuteur veut indiquer la fiabilité de certains éléments de son discours, il peut exprimer son degré de certitude à l’aide de modalisateurs épistémiques, soit des marqueurs discursifs de formes diverses (ex. « probablement »). L’analyse de ces marqueurs permet d’observer la modulation de la responsabilité énonciative du locuteur, c’est-à-dire l’accentuation ou la modération de son engagement envers ce qu’il énonce. Cependant, l’identification de ces marqueurs à partir de discours oral pose plusieurs problèmes. Les critères permettant de les identifier ne font pas consensus et portent la plupart du temps sur des discours écrits. L’objectif de cet article consiste alors à proposer une démarche claire permettant d’identifier les modalisateurs épistémiques présents dans un corpus de discours oral. En nous basant sur une démarche existante (Vold 2008), nous présentons les difficultés rencontrées lors d’une première phase d’identification de modalisateurs épistémiques à partir d’un corpus d’appels d’urgence. Nous proposons finalement des ajouts à cette démarche afin qu’elle puisse être éventuellement utilisée sur d’autres corpus.

Biographie de l'auteur

Jessica Rioux-Turcotte, Université du Québec à Trois-Rivières
Jessica Rioux-Turcotte est étudiante à la maîtrise en lettres, concentration en communication sociale, à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle s’intéresse notamment au discours dans les appels téléphoniques d’urgence et à la linguistique légale. Son mémoire de maîtrise porte sur la modulation de la responsabilité énonciative dans le discours des appelants au service d’urgence 9-1-1.

Références

RÉFÉRENCES

CROMPTON, Peter (1997) : Hedging in academic writing : Some theoretical problems. English for Specific Purposes. 16(4):271-287. http://dx.doi.org/10.1016/S0889-4906(97)00007-0

DENDALE, Patrick (1991) : Le marquage épistémique de l’énoncé : Esquisse d’une théorie avec application au français. Thèse de doctorat. Anvers : Université d’Anvers.

DESCLÉS, Jean-Pierre (2009) : Prise en charge, engagement et désengagement. Langue française. 162(2):29-53. http://dx.doi.org/10.3917/lf.162.0029

FRASER, Bruce (2010) : Pragmatic competence : The case of hedging. Dans SCHNEIDER, Stefan, MIHATSCH, Wiltrud et KALTENBÖCK, Gunther, dir. New approaches to hedging. Bingley : Emerald.

GAUVIN, Karine (1999) : Une approche énonciative et interactive de « je sais » et de « je sais pas » en Acadie du Nouveau-Brunswick. Thèse de doctorat. Moncton : Université de Moncton.

GOFFMAN, Erving (1974) : Les rites d'interaction. Traduit par KIHM, Alain. Paris : Minuit.

GOSSELIN, Laurent (2010) : Les modalités en français : la validation des représentations. Amsterdam : Rodopi.

GOSSELIN, Laurent (2014) : Sémantique des jugements épistémiques : degré de croyance et prise en charge. Langages, 193(1):63-81. http://dx.doi.org/10.3917/lang.193.0063

JEFFERSON, Gail (2004) : Glossary of transcript symbols with an introduction. Dans LERNER, Gene H., dir. Conversation Analysis : Studies from the first generation. 125:13-31. Philadelphie : John Benjamin.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catheine (1999) : L’énonciation : de la subjectivité dans le langage. Paris : Armand Colin.

KRONNING, Hans (2004) : Modalité et médiation épistémiques. Dans DELAMOTTE-LEGRAND, Regine, dir. Les médiations langagières. Des faits de langue aux discours. 1:35-66. Mont-Saint-Aignan : Publications de l’Université de Rouen.

KRONNING, Hans (2012) : Le conditionnel épistémique : propriétés et fonctions discursives. Langue française. 1(173):83-97. http://dx.doi.org/10.3917/lf.173.0083

LE QUERLER, Nicole (1996) : Typologie des modalités. Caen : Presses universitaires de Caen.

LE QUERLER, Nicole (2004) : Les modalités en français. Revue belge de philologie et d’histoire. 82(3):643-656. http://dx.doi.org/10.3406/rbph.2004.4850

NØLKE, Henning (1993) : Le regard du locuteur. Pour une linguistique des traces énonciatives. Paris : Kimé.

NØLKE, Henning (2005) : Le locuteur comme constructeur du sens. Dans BRES, Jacques, HAILLET, Patrick Pierre, MELLET, Sylvie et al. dir. Dialogisme et polyphonie : approches linguistiques. Bruxelles : De Boeck.

SÛREMENT (s.d.) : Dans Le Grand Robert de la langue française en ligne. Repéré à http://gr.bvdep.com/

SÛREMENT (s.d.) : Dans Usito. Repéré à https://www.usito.com/

RIOUX-TURCOTTE, Jessica (2016) : Le souci de fiabilité de l’appelant au 9-1-1 : description et fonctions interactionnelles du marquage épistémique. Mémoire de maîtrise. Trois-Rivières : Université du Québec à Trois-Rivières. Repéré à https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/pls/public/gscw031?owa_no_site=1707&owa_no_fiche=57&owa_apercu=N&owa_imprimable=N&owa_bottin=

VIHLA, Minna (2000) : Epistemic possibility : A study based on a medical corpus. Dans KIRK, John M. dir. Corpora Galore : Analyses and Techniques in Describing English. Amsterdam : Rodopi.

VOLD, Eva Thue (2008) : Modalité épistémique et discours scientifique. Une étude contrastive des modalisateurs épistémiques dans des articles de recherche français, norvégiens et anglais, en linguistique et médecine. Thèse de doctorat. Bergen : Université de Bergen.

Publiée
2017-08-17
Rubrique
Articles